mardi 23 juin 2015

Mut-mut

L'année 2015 risque d'être l'année la plus chiche en matière d'articles sur ce blog...et pourtant, ce n'est pas l'envie d'écrire qui manque, ni les projets !

Ce que je veux dire ici, outre le fait que je ne laisse pas tomber blogger (Non, non ! Je cherche même à le customiser et à le moderniser un poil), c'est qu'avec les copines, j'ai fait pas mal de trucs pour mettre en avant mon univers avec Meredith et compagnie, au sein du collectif Mutatis mutandis !
Conventions, badges, bannière et même artbook ! Promis, je reviendrai en reparler ici plus en détail très bientôt !
Donc, en attendant que je puisse pondre un article (un vrai !) avec moults parenthèses, exagérations épiques, photos et légendes gargantuesques, je vous encourage à aller voir de plus près notre site internet que l'on continue à remplir petit à petit. 
Dites moi ce que vous en pensez et n'hésitez pas à laisser vos impressions !

Pour égayer tout ça, je me suis attelée à une série de portraits à l'aquarelle pour remplir la partie dédiée aux personnages. 
Clairement, j'ai encore beaucoup à apprendre avec ce medium là, mais j'aime bien le rendu :)
A creuser donc !

Voici, pour patienter, les deux premiers de la série: Eireann et Meredith




dimanche 8 février 2015

Morts de rire


Il y a déjà un mois, avait lieu l'attentat au sein des locaux de la rédaction de Charlie hebdo. Un acte de barbarie sans nom, qui aura traumatisé la France et le monde.

Comme beaucoup de gens, j'ai été ébranlée, ce jour là. Choquée. Attristée. J'ai été horrifiée, impuissante, saisie à la gorge. J'ai ressenti vivement l'affreuse certitude que ce n'était pas juste un mauvais rêve et que, à Paris, en 2015, on avait abattu froidement des dessinateurs de presse, et tous les malheureux qui se trouvaient entre eux et les armes des terroristes. J'ai eu la gorge nouée pendant des heures, les yeux rivés à mon écran d'ordinateur, incapable de me concentrer sur mon boulot, sonnée et nauséeuse.

Je ne suis absolument pas une dessinatrice de presse. Ou même engagée politiquement dans mes crobards. J'admire, mais je ne sais pas faire. Je n'en ai pas le courage non plus.

Je connaissais Charlie, et Harakiri avant lui, mais je n'en avais jamais lu un numéro complet.

Malgré tout, je l'ai ressenti comme une attaque "privée". Un truc qui venait me toucher, moi, personnellement. Des morts, malheureusement, il y en a partout dans le monde, tout le temps. La dernière boucherie qui a eu lieu quelques jours plus tard au Nigeria en est un exemple cruel et sanglant. Ce qui est affreux, c'est que c'est loin, que ça nous émeut moins.

Quand ce jour-là, l'un de mes collègues est venu nous rejoindre dans la cuisine, au boulot, effaré, en disant "Cabu est mort", j'ai senti comme un bout de moi se détacher douloureusement. Je n'avais jamais ressenti ça auparavant.

J'ai grandi biberonnée à la bande dessinée. Je lisais les petites cases dans le Monde et le Canard enchainé quand j'étais enfant, tous les mercredis, chez mes grands-parents. Et même si je ne saisissais pas tout le sel de la chose, j'aimais les lire. C'était l'un de mes petits rituels. Elles faisaient partie de mon paysage. Je ne sais pas si j'aurai réagi aussi vivement si cela avait été des anonymes, ou des journalistes, autres que des dessinateurs qui avaient été tués ce jour là. Je l'ignore, et dans le fond, j'en ai un peu honte, car je devrais m'insurger, quelles que soient les victimes... Mais, là, en tant que BD-iste, en tant que dessinatrice, en tant que citoyenne, ça m'a retourné le bide, plus vivement que je ne l'aurait cru.

C'en est suivi une réaction en chaine.

J'ai eu peur. Peur pour mon pays. Peur pour la liberté. Peur des cons. Peur des remarques haineuses, du racisme, de l'intolérance, des amalgames, des actes cons de vengeance aveugles sur ceux qui n'ont rien fait.
J'ai eu honte aussi.
 Honte de voir que ces types étaient menacés de mort depuis des années, et que tout le monde s'en foutait. Charb avait constamment un flic aux basques...pendant 12 ans ! Et c'était normal. J'ai été choquée de voir qu'on les laissait tous seuls s’escrimer dans leur coin, les laissant avec leurs blagues potaches, en les dénigrant ou en les pointant du doigt, sans réaliser qu'ils étaient peut être les seuls à prendre des risques pour la liberté d'expression. 
Et je me suis sentie bête. Bête de ne pas avoir pigé plus tôt.

J'ai regardé l'excellent film "Caricaturistes, fantassins de la liberté"de Stephanie Valloatto, et revu "Persepolis" de Marjane Satrapi et Vincent Paronneau.



Et je me suis dit, que ces types, ces femmes, qui prennent la parole, qui disent tout haut ce que l'on dit tout bas, parfois en risquant leur vie, méritaient l'admiration.
J'ai regardé le boulot de WillisfromTunis, de Michel Kichka, de Boligan, de Plantu.





J'étais admirative, gonflée d'espoir en voyant l'investissement de ces gens, qui ont le courage de se dresser face à la bêtise et à la barbarie, mais aussi totalement impuissante et déprimée. Parce qu'il y aura encore un bon bout de temps des dessinateurs que l'on persécute, que l'on menace de mort, et auxquels on brise les phalanges.

Au milieu de tous ces tourneboulements émotionnels, et à ma toute petite échelle, je me suis sentie, comme investie d'une mission. J'ai regardé des interviews des disparus, les larmes aux yeux, comme celle-ci ou celle-là. Et je ne réalisais pas qu'ils étaient partis. Pour un truc aussi con.

 J'ai donc fait un truc que je ne fais jamais. J'ai dessiné pour leur rendre hommage.
Je les ai fait blaguer, grimacer de manière désinvolte, rire une dernière fois, comme un doigt d'honneur à la violence, la bêtise et l'intolérance qui leur avait coûté la vie. J'ai gribouillé jusqu'à exorciser.

Voici les modestes gribouillis que j'ai fait pour Cabu, Honoré, Charb, Tignous et Wolinski.
Des chics types qui croyaient pouvoir rire de tout, et qui en sont morts.

Salut les gars et bon vent.










dimanche 7 décembre 2014

Selportrait

Deux mois depuis le dernier post ?
NO WAY.

Ce week-end, j'essaie de crobarder un peu et de blogouiller mollement. Promis.

En attendant, si vous avez envie d'en voir plus, et d'en lire moins, j'ai cédé à la pression sociale et à la facilité et ai créée un tumblr ! C'est par ici, suivez le guide !

Je vous poste la suite des Inktober (que je n'ai honteusement pas eu le temps de finir avec le rush pour l'Artbook Incipit, donc je vous reparle très prochainement).

En attendant, voici un autoportrait tout chaud, tout neuf de ce soir, à l'aquarelle, pour le futur site de Mutatis mutandis, notre collectif de dessin !





dimanche 5 octobre 2014

Inktober 1


Tous les ans, les crayonneux de tous genre se lancent des défis plus ou moins variés pour toucher à tout, s'adonner à des thèmes inédits, repousser ses limites et bien sûr, s'améliorer. 

L'un de ces "challenges" se nomme "Inktober", et il consiste à réaliser un dessin à l'encre par jour pendant tout le mois d'octobre.

Je suis une encreuse déplorable (quand je fais les "lines" de mes illustrations, c'est à dire, mettre en valeur le trait en le repassant en noir, je me contente de recouvrir le crayonné comme une sauvage, sans effet de style aucun), je suis très malhabile avec une plume et je n'ai quasi jamais utilisé le style noir à pointe souple Pentel que j'ai acheté par curiosité il y a des mois.

Je me suis donc dit qu'il fallait que j'essaie.
Je doute d'avoir le temps de faire un dessin par jour et j''ai déjà commencé le défi avec 5 jours de retard (mais j'ai profité du week-end pour faire 5 petites illustrations rapidos pour me mettre à jour !)

Mais j'ai envie de tenter.

C'est totalement hors de ma zone de confort, alors on verra bien.
Advienne que pourra !

Voici donc les 5 premiers crobards de ce cru 2014 du Inktober.

La suite bientôt !


Meredith furax, jetée sur le papier à 2h du mat pour exorciser ma colère du moment
 
Une Hermione Granger, pas terrible. Je voulais voir comment poser les volumes dans le noir de ses cheveux...Encore plein de choses à apprendre.

Un Grand duc d'après photo. Relax.

Mister Macpie !

Encore de la callo d'après photo. J'ai tenté de jouer sur ds détails fins sur les plumes du piaf et des traits épais pour l'arbre. Pas encore méga convaincant mais bon...A creuser !

STAY TUNED ! :)

samedi 4 octobre 2014

You keep buying stars

Je me suis beaucoup fait de cadeaux de moi à moi ces derniers temps. 
La joie des premiers salaires, sans avoir le poids des premiers impôts à payer (ce qui, je vous rassure tout de suite, ne va pas tarder à tomber) doit y être pour beaucoup.
Et je ne m'en cache pas, je raffole des commissions. J'aime travailler avec des dessinateurs, je trouve ça grisant.

 De mon côté, j'ai aussi dessiné, mais comme je dois veiller à vous en montrer le moins possible en attendant la parution de l'artbook avec le collectif Mutatis mutandis, je préfère vous montrer ce que font les autres, et je vous rassure, ça envoie sévèrement du paté.

La dessinatrice dont je veux vous parler maintenant s'appelle Karla Rodriguez, alias Miss étoile, et vit au Mexique.

Vous pouvez examiner ses travaux plus en détail sur son deviantart, via facebook ou encore tumblr ou sur son site officiel.

J'aime énormément la façon dont elle gère les couleurs, les détails qu'elle ajoute délicatement à chacune de ces compositions. J'étais un peu moins convaincue par le côté "poupée de porcelaine" qu'elle insuffle à ses personnages féminins, mais la richesse de son style a suffi à me convaincre.
Je lui ai donc passé deux commandes au mois de Juin, pour Gwenegan et Meredith, dans deux niveaux de finition différents.

J'aurai aimé lui commander du dessin traditionnel, mais elle n'en proposait pas à ce moment là. Car, oui, j'ai un amour imodéré pour le dessin trad, le côté "tangible" de la chose, et la satisfaction de tenir entre ses mains le petit papier ondulé par l'aquarelle ou l'encre qu'on y a déposé.

Mais oh well.

Voici un petit aperçu de ses travaux pour tous ceux et celles qui auront la flemme d'aller visiter sa galerie (je vous sens venir bande de petits coquins).

Une petite sélection de son boulot en numérique (dessiné via ordi):

Voici un exemple de commande qu'elle a réalisé et qui me faisait de l'oeil. Le niveau de détail pour un "simple" portrait m'avait laissée admirative

Du turquoise et du orange ! <3

Une héroïne un peu plus dark pour celui-ci...

Du roux, du doré, du turquoise, du piaf. Happiness.

J'adore les motifs floraux en arrière plan et tous les détails dans sa tenue et sa coiffure

Tout en délicatesse. Un de mes préférés.


Douceur et couleur. J'aime beaucoup.


Et quelques exemples de ce qu'elle sait faire en traditionnel...


Et en plus, elle aime les plumes de paon. Cette fille est parfaite.


J'adore celle-ci. Les feutres, c'est toujours magique !
Il y a un côté Claire Keane dans ses travaux traditionnels récents. Détaillés et ultra délicats à mon sens

Voici donc ce qu'elle a fait de mes personnages, pour mon plus grand ravissement !
C'est parti !

D'abord, môssieur !

En cours....
 
Et fini ! J'aime beaucoup le rendu de sa peau (taches de rousseur !) et la façon dont tombent un peu ses paupières.

Puis, vint le tour de Meredith, qui devait être beaucoup plus détaillée.
Je voulais un côté magique, menaçant, et avec un piaf.
 
Une première esquisse où elle a l'air toute gentille...

Et le rendu du médaillon, en premier jet. J'adore les volutes, son expression et tout le détail de ses mèches de cheveux !

Comme je retrouve toujours à redire je lui ai demandé de lui éclaircir très légèrement les yeux, pour qu'ils contrastent avec le turquoise tu masque facial.
Elle s'est exécutée dans la foulée, sans rechigner.

Et ce fut parfait.

TADAAAAAAAAAAA !

J'avais passé commande en juin, et elle m'a envoyée Meredith en Août. Comme elle culpabilisais du temps d'attente (que je n'ai absolument pas vu passé vu mon activité estivale), elle m'a, en plus, gribouillée une Meredith en bonus.
C'est pas genre, super adorable ?

La voici !



Et voualà ! 
That's all folk.
Allez la couvrir d'amour !

Et à bientôt, pour de nouvelles pérégrinations !

samedi 16 août 2014

That old black magic called love

Une nouvelle année s'est écoulée depuis le dernier "Spread the love day", qui vise, sur le site Deviantart, à promouvoir les scènes érotiques et tenter d'expliquer patiemment que le sexe, ce n'est pas forcément de la pornographie. Sur un site américain, en plus, je ne vous dit même pas tout le travail qui reste à faire !

Cette année marque ma 4e participation à l'événement ! Et oui, comme le temps passe.

 Et cette fois-ci, je dois bien l'admettre je n'étais pas vraiment inspirée...ni pour la pose, ni pour les personnages. 
J'ai tenté pas mal de trucs, pour finalement désigner Meredith d'office pour le job.

Comme d'hab, c'est tout au feutre !

Si vous voulez voir les travaux réalisés les années précédentes, je vous les remet ci-dessous.

L'illu de 2011 est sur deviantart (je vous laisse cliquer !), et vous retrouverez sur ce blog les particpations de 2012 et de 2013.

Et voilà.

Place à l'édition 2014 !

Une autre vue de la pose envisagée. J'aimais que le visage du môssieur soit totalement caché, et puis, je galérais trop avec la position, alors j'ai abandonné honteusement !

Deuxième pose. Les jambes de Meredith m'ont donné du fil à retordre !

Un ptit zoom sur les visages

Gribouillis du décor. Car oui, j'aime me simplifier la vie.

Encrage !

Fond (avec deux couches ! + l'ombre portée) et début du décor !

On continue le décor ! YOUHOU.

Le monsieur passe à la couleur.

Au départ je voulais faire le peau de Meredith beaucoup plus claire que celle du monsieur, et comme j'ai plein de feutres hors service (va falloir que je réinvestisse d'urgence !), je n'ai pas franchement pu faire ce que je voulais niveau nuances...

Je repasse les traits en noir ! C'est surtout notable pour les cheveux de Meredith et son masque facial (si, si, regardez bien ! ).

Et la version finale, avec le blanc tout partout !

Rendez-vous l'année prochaine pour de nouvelles cavalcades amoureuses !
D'ici là, faites l'amour, pas la guerre.

See you !